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Historique

St-Cergue


La ligne du Nyon-St-Cergue-Morez (NStCM) a été ouverte par étapes entre 1916 et 1921. Le tronçon français n'a eu qu'une durée de vie limitée; puisque c'est en 1958 qu'il est supprimé dans l'objectif de pouvoir élargir la route nationale. Les premières automotrices ont vaillamment sillonné la ligne pendant plus de 60 ans pour le grand bonheur des pendulaires et des touristes. Par une volonté de modernisation, du nouveau matériel roulant fut mis en circulation en 1986. A cette fin, la ligne a été modernisée et l’alimentation électrique de 2200V peu usitée pour les chemins de fer a été réduite à 1500V, ce qui correspond à des standards usités pour les chemins de fer à voie étroite en Suisse romande. Cette modification rendait impossible l’utilisation régulière du matériel roulant d’origine qui ne disposait alors plus que des deux tiers de sa puissance de traction. Cette situation a relégué deux automotrices (N° 10 et 11) au rôle de véhicules de service alors que les deux autres furent cédées pour un franc symbolique au chemin de fer de la Mure, près de Grenoble. Quelques années plus tard, les deux automotrices restantes ont suivi le même chemin..

La Mure

lamure
AA la fin des années huitante, le chemin de fer de la Mure est en pleine mutation. En effet, le trafic minier, qui caractérisait cette ligne, est en sérieux déclin. Sa sauvegarde passe alors par une reconversion en chemin de fer touristique.

L'arrivée du matériel roulant suisse a pour objectif de relancer le transport de voyageurs et d'en augmenter la capacité. Toutefois, la complexité technique des automotrices ainsi que leur grand âge contraignent le chemin de fer de la Mure à les utiliser parcimonieusement.

Buts de l’association

La population de la région ainsi que les amateurs de chemins de fer ont regretté le départ de ce vieux matériel si sympathique à leurs yeux.

Ainsi, le centenaire de la ligne approchant, un groupe de personnes de la région s'est passionné à l'idée de rapatrier une automotrice. C’est la raison pour laquelle, à l’automne 2008, l’association « Nyon-St.Cergue Rétro » s’est constituée. Forte de près de 200 membres, celle-ci s'active avec comme objectif de faire rouler une composition historique et de l’engager régulièrement pour des trains spéciaux.

Rapatriement et travaux de rénovation

frontiere

Faute d’emplacement adéquat sur le réseau NStCM, l’association a dû trouver un terrain pour l’entreposage des véhicules durant leur remise en état. C’est finalement à Givrins qu’une surface nous est mise gracieusement à disposition sur un terrain privé. La construction d’un atelier provisoire au moyen de containers maritimes et d’une charpente en bois y a été entreprise. Celui-ci, de bonne dimension, permet aux membres actifs de procéder à la rénovation des véhicules dans des conditions optimales.

atelier

Une première opération de recherche de fonds a été lancée à l’échelle du district de Nyon à l’automne 2009. Suscitant un engouement populaire régional, plus de 75'000.- CHF ont été récoltés auprès de la population, des entreprises et des communes avoisinantes. Ce succès financier nous a permis de financer la construction et l’équipement de l’atelier ainsi que de constituer une provision pour les frais de rapatriement.

Après moult tracasseries, le retour de l’automotrice est effectif depuis avril 2010. L’acheminement routier d'un convoi de 86 tonnes, 16 mètres de long et plus de 5 mètres de haut depuis Grenoble a nécessité des moyens conséquents; des ponts routiers ont dû être spécialement analysés par le transporteur afin d’en vérifier leur résistance au poids.

Différents experts ont évalué l’ampleur des travaux de rénovation à entreprendre. Au vu de l’état général de l’automotrice nous avons rapidement opté pour une rénovation intégrale de tous les éléments qui la composent. A chaque fois que cela est possible, nous révisons les pièces d’origine. Lorsque cela n’est pas possible, nous la reconstruisons à neuf. Ceci est particulièrement le cas pour les boiseries qui étaient très endommagées et qui ont été refaites pour plus de la moitié.

Depuis 2010, l’automotrice a été entièrement démontée. Cela a commencé par la dépose des tôles qui sont fixées sur une charpente entièrement en bois et sur laquelle repose le toit et tous les éléments de toitures. Seul le châssis est en acier. Les éléments en bois ont subi une rénovation complète et une reconstruction lorsque cela était nécessaire. Tous les éléments en acier ont été révisés, sablés et repeints. La rénovation des parties électrique a été en grande partie sous-traitée à différentes entreprises spécialisées.

 

Alimentation électrique

Au niveau de la technique électrique, nous avons dû faire un choix contraignant. En effet, la tension ayant été réduite à 1500V il fallait trouver une solution pour pouvoir à nouveau rouler dans des conditions qui permettent l’insertion des trains spéciaux entre les trains réguliers. Dans un premier temps, nous avons songé à rebobiner les moteurs mais cela n’était techniquement pas réalisable.

Nous nous sommes ensuite tournés vers une solution consistant à transformer le courant de 1500V de la ligne de contact en 2200V afin de pouvoir alimenter les moteurs au maximum de leur capacité. Cette solution fonctionnait bien sur le papier mais son étude pour une mise en exploitation a rapidement montré ses limites et sa fragilité en terme d’exploitation ferroviaire par tous les temps. De même, le risque était trop grand que des courants perturbateurs ne provoquent des dérangements sur la nouvelle génération de matériel roulant livré en 2015. En fin de compte, nous avons opté pour une reconstruction à l’identique et nous nous contenterons de rouler aux deux tiers de sa capacité. Compte tenu des faibles charges que nous envisageons de remorquer, cette solution est tout à fait acceptable.

Remontage

L’année 2015 a vu le début des grands travaux de remontage. Des nouvelles tôles ont été posées car les anciennes n’étaient pas récupérables. Le toit refait à neuf selon tes techniques utilisées dans les chantiers naval a pu recevoir les nouvelles résistances ainsi que le pantographe d’origine entièrement révisé par un ancien spécialiste à la retraite. Des bogies comme neuf ont pu recevoir toute la caisse après plusieurs années de séparation.

En 2016, l’approche des manifestations du centième anniversaire de l’ouverture de la ligne Nyon-St.Cergue ont dopé les forces de nos membres. C’est ainsi une automotrice rutilante que nous avons pu présenter à St.Cergue en juillet 2016.

Le travail n’est toutefois pas terminé et il manque encore la plupart des éléments qui doivent prendre place sous le châssis tels que les compresseurs et les installations de frein.

Nous espérons pouvoir procéder aux premiers essais en ligne début 2018. Cette année correspondra au centième anniversaire de notre automotrice livrée en 1918, soit deux ans après l’ouverture de la ligne.

Le travail ne manque pas et les défis sont encore nombreux ; notre équipe technique se sent à même de les relever !

N’hésitez pas à venir vous en rendre compte par vous-même en venant nous rendre visite et, pourquoi pas, y consacrer quelques samedis ?